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Samedi 18 mars 2006

Pourquoi une courte de nuit est toujours inévitablement suivie d'une longue journée? Je soupçonne une loi de nature derrière ce phénomène, les scientifiques ne nous ont pas tout dit.


La journée a bien commencé, allez! 5 heures de sommeil dans le corps, dehors à 7h30, une demie-heure d'attente à -17 degrés, la moue d'une voisine qui a sursauté en me voyant puis m'a foudroyée du regard (merci goujate de me faire comprende que j'ai une sale gueule le matin), l'arrivée enfin de Morasticot, une heure de route pour aller au travail, dans un trou perdu, plus perdu que la Ville Morne.


D'ailleurs, ce travail. J'adore quand on me demande où j'étais ce matin. "En prison"... toujours suivi d'une gêne puis du silence. Bon, ça commence à se savoir que j'y vais pour faire de la recherche, donc j'ai de plus en plus de mal à trouver des gens avec qui savourer le malaise. Ceci dit, c'était peut-être pas stratégique de révéler mes occupations sur mon blog. Passons.


Arrivée, donc à la prison, yeux de biche et sourire en coeur à l'entrée pour qu'on m'ouvre (plus facile que les autres fois, d'ailleurs), me dépatouille avec le distributeur des clés, cherche fébrilement sur le papier jaune la procédure, le code, le mot de passe, faire comme si tout est sous contrôle, 4 caméras braquées sur moi, ne pas avoir l'air suspect, deviner que dans le poste derrière la vitre opaque, 2 gardiens me tiennent à l'oeil, attraper les clés d'un air vainqueur, me sauver aux ascenseurs. Une caméra, d
euxième étage, 3 caméras, 2 couloirs, 1 caméra, enfin me réfugier dans le bureau où les caméras ne sont pas permises.


Entendre le rire gras de la secrétaire qui papote avec le gardien qui fait la ronde, terminer un document, ignorer les regards interrogateurs quand on me voit assise au bureau, à la place du grandissime Dr. B. Copie, photocopie, boum, dans le premier poste de soin.


Expliquer le projet aux infirmières, ça se passe bien, la butée est en fait la plus enthousiasmée, 3 autres de recrutés, trap trap, bla bla, serre la main, carte magnétique, me retrouve dans le couloir, 3 caméras. Ragaillardie par cet échange sympathique, je me dirige vers le poste #2, où, bien sûr, ça va se passer aussi bien. Bon, pas tout à fait, moment plus ou moins bien choisi, les détenus en combine orange fluo finissent leur repas, mais encore 2 recrues d'ajoutées à la liste, me fait bouffer un beigne dans la face, cool, tiguidou on continue.

Troisième étage, 3 caméras, poste #3. Sarabande des portes magnétiques, quand l'une est ouverte, l'autre ne se déverrouille pas, faut attendre, puis attendre encore. Des infirmières automates qui s'occupent de détenus automates, vagues signes de tête en réaction, si ce n'était pas du tic oculaire de celle de droite, je vérifierais leurs signes vitaux vite faits, suivis d'une piqûre d'adrénaline direct dans le coeur. Avec le sourire, parce qu'il faut sourire pour les recruter.

Poste #4 idem, difficile d'avoir leur attention. Je fantasme que je me déguise avec une combine orange fluo et fous le bordel dans le poste, j'aurais leur attention presto j'en suis sûre. Finalement il y en a une très gentille qui s'occupe de moi pendant qu'elle fait un test de glycémie à un détenu, trap trap, merci, à la semaine prochaine.


Retour à l'ascenseur sous l'oeil des 3 caméras, clé magnétique, l'ascenseur ne vient pas. Recommence, mais non, l'ascenseur ne vient pas. Travailleuse sociale qui passe par là, ils ont changé quelque chose? Oui, tu rentres ton code maintenant. Quel code, celui à 4 chiffres? Non, celui à 5 chiffres. Merde, j'ai pas de code à 5 chiffres. J'en ai un à 3 chiffres et un à 4 chiffres, mais même si je les mets ensemble, ça fait 7 chifffres. Regard indulgent de la TS, me fait venir l'acenseur "pour cette fois", faut t'organiser, vas chercher ton code à 5 chiffres. Ok, mais où? Sais pas, demande à X. C'est qui X, mais la TS a déjà tourné le coin.

Besoin de quitter cet endroit, ne plus regarder les fantômes orange. Besoin de retourner voir la secrétaire au rire gras, qui m'explique le mystère du code à 5 chiffres. Redescends au premier, trouve Morasticot dans un coin de couloir sombre sous la surveillance d'une caméra et les 2 gardiens de l'entrée, "Il vous attend", Morasticot qui me fait un sourire gêné, je demande au gardien "¨Ça va, tu l'as bien interrogé? Il t'a tout dit?", l'autre qui renifle un peu de sarcasme dans mes propos mais est désarmé par mon sourire angélique qui cache presque entièrement mes crocs.

Retour à la Ville Morne, pause expresse à la maison, tomber dans un guet-apens tendu par Lucy sur Skype, m'extraire de ses griffes, me sauver au Café étudiant, apprendre que ça te dérange pas si on part plus tard que prévu genre 16h30 - 17h? Une heure d'attente, c'est pas comme si j'ai le choix. En attendant, je clavarde avec Claudio pendant que Lucy est scotchée devant Taratata.


Furet Pélerin revient, on embarque dans son char, une ferraille pour 7 personnes toutes barriolées de dessins en tout genre (dont une Tour Eiffel parce que Furet est frenchie), graffitis, phrases proverbes et signatures. Tous les amis de Furet Pélerin ont marqué leur territoire sur sa carriole, on dirait une vieille van hippie années 70. Des voyants s'allument tout le temps, les freins font un bruit inquiétant,
Furet qui raconte fièrement que sa bécasse a fait Halifax-Vancouver l'année dernière, "Vous savez pousser si ça pète?", répondre oui en riant et se dire que quand même ça risque bien d'arriver. Arrêt rapide chez Furet, 6 personnes dans sa maison, c'est l'Auberge Espagnole live, pas sûre où mettre les pieds, carnage domestique. Puis la route vers Montréal, les passagers sont sympathiques, rires et fous rires sur 200km, Montréal c'est la porte à côté.

Au repas avec Cryo, je lui raconte mes cyberbêtises avec Lucy. Cryo sourit (de pitié?) de me voir en auto-délire et me fait remarquer que je ris tellement que - merdouille de patrimoine génétique défectueux - mes yeux s'embuent (j'entends Lucy d'ici en train de proclamer à qui veut l'entendre: Vous avez lu chez Skye? Je rends les gens heureux, elle l'a dit! Je rends les gens HEU-REUX!!!).

Retour à la maison à 21h30, roule jusqu'au lit, fous rires, étreintes, zzzzzzz...




Note à Sylll - Croco est un de mes bons amis qui connaît les mêmes aléas scolaires que moi. Il ne s'agit pas, comme quelqu'un l'a déjà cru, d'un partenaire de partie de fesses en l'air,  à moins qu'il ne me pousse bite et foultitude pileuse.

Par Skye - Publié dans : Skye
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Jeudi 16 mars 2006
Dring dring...
- Oui?
- Mme Skye?
- C'est moi.
- Je suis Petite Grue de l'Agence Cale d'Huile, j'ai eu votre nom par l'entremise de M. Mentor. Il vous a mise au courant?
- Il m'en a un peu parlé, oui.
- Oui, euh, vous savez que l'Université C'est la Tienne prépare son nouveau programme d'études pour septembre? Voilà, alors ils recherchent des  professeurs pour enseigner aux étudiants. Pour septembre...
- Septembre 2006?
- Oui.
- Ça laisse peu de temps.
- En effet, ils recherchent activement des personnes qui ont de l'expérience de recherche et d'enseignement pour mettre le programme en marche et enseigner aux étudiants. On nous a donné votre nom, Mme Skye.
- Ah?
- Vous êtes jeune, certes, et vous n'avez pas fini vos études, mais vous avez une tête sur les épaules, m'a-t-on dit.
- Euh... eh bien...
- Seriez-vous intéressée à nous faire parvenir votre CV? Nous l'acheminerons à l'Université C'est la Tienne et ils prendront une décision. C'est la Doyenne qui vous contactera.
- Intéressée... c'est-à-dire que j'aimerais avoir un peu plus d'information. Vous voyez, je suis établie à la Ville Morne et Sol Beurré, c'est loin. Savez-vous ce que l'Université C'est la Tienne offre aux professeurs comme conditions d'emploi?
- Euh... oui, en fait frais de déménagement payés, premiers mois de loyer aussi je pense. Pour le salaire, c'est négocié au cas par cas, mais ça commence à (gros chiffre avec plein de zéros derrière) et il n'y a pas de maximum...
- Vous me dites que le salaire est de (gros chiffre avec plein de zéros derrière), sans plafond?
- Oui, c'est cela.
- ...
- Mme Skye? Mme Skye??? Vous êtes là? Revenez à vous Mme Skye!
Respirez... Mme Skye? Oh la vache, elle s'est étouffée...

*Clic*
Par Skye - Publié dans : Skye
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Mercredi 15 mars 2006
Failli oublier au moins 10 fois que je devais enseigner cet après-midi. Thème d'aujourd'hui: un sujet controversé en toxicomanie. Besoin de sensibiliser les étudiants, besoin de leur expliquer leur rôle si jamais ils doivent soigner un toxicomane.

Rien. Pas moyen d'obtenir une réaction. Des étudiants-automates. Comme la serveuse.

Me force à aller m'entraîner après. Beaucoup de poids, du vélo, des étirements, hmmf, cric, crac. Regard posé sur un autre, qui utilise la machine à côté de moi. Me mets à fantasmer. Me force à penser à Cryo. Grrr. Remarque tout de même que son copain me jette un coup d'oeil et sourit. Me force à penser à Cryo. Re-grrr.

Retour à la maison, cuisine rapide truite-sésame-soya-asperges.

Ordi, blog, bla.
Par Skye - Publié dans : Skye
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Mardi 14 mars 2006
J'ai remis mon examen à la présidente du comité ce matin. Dans 2 semaines je recevrai les commentaires. Dans 3 semaines, je défendrai mes articles.

Encore une fois, j'étais présente alors que des professeurs ont informellement tenu conseil dans le bureau du Mentor pour discuter du dernier candidat à l'embauche. Encore une fois, j'ai profité des discussions et des éclats qui ont suivi pour comprendre cette machine infernale qu'est la faculté et qui, probablement, me gobera tout rond, moi aussi, lorsque mon tour sera venu.
En attendant, j'écoute mes futures collègues caqueter dans le corridor autour du candidat fraîchement interviewé. Elles ont 50 ans. Il en a une trente-cinquaine. Je les imagine autour de lui, j'entends leurs rires aigus, leurs pépiements, j'imagine une basse-cour où les poules font la fête au coq nouveau venu. C'est une faculté de femmes, je le rappelle. Seule dans le bureau avec le Mentor, on s'échange un regard. J'espère ne jamais me rabaisser de la sorte.

La perspective d'enseigner me fait toujours plaisir (d'ailleurs, je retrouve mon groupe demain après un mois d'exil). Mais le visage de la faculté change et s'enligne sur un fonctionnement consumériste des plus banals.
"Les étudiants sont là comme clients, traitez-les en rois".
"Arrangez-vous pour qu'ils passent leurs cours. Après tout, c'est grâce à leurs sous que le programme tourne encore".
"Si ce n'était pas d'eux, vous ne seriez pas ici. Vous savez ce que vous avez à faire".

Pour ma part, le calcul est simple: je me fous de savoir combien tu as payé pour te retrouver ici. Je me fous de connaître tes droits. Ce qui m'intéresse, ce sont tes responsabilités.
Ce qui m'intéresse, c'est de savoir que tu peux faire ton travail sans mettre en danger la vie de tes patients.

Mais voilà,
les relations entre étudiants et professeurs sont redessinées...

Des perspectives peu engageantes mais qui traduisent bien ce que l'université est devenue. Reste à savoir si je veux jouer ce jeu-là, car je ne suis pas sûre d'avoir l'étoffe pour le faire. Et puis, je ne sais pas caqueter.
Par Skye - Publié dans : Skye
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Dimanche 12 mars 2006

Hop, de retour du chalet! Je suis reposée et je sens la boucane, signifiant donc que ça a été une belle fin de semaine. Trrrrès grasse matinée, bouffe à go-go, match de hockey, ski et raquettes - que demander de mieux?

La température était incroyable samedi (10 degrés) donc nous sommes allés au centre de ski à quelques minutes de là. Ski pour Cryo et son père, randonnée en raquettes pour moi. Pas un chat en vue, je me suis amusée à me perdre dans les sous-bois au lieu de suivre sagement les pistes de ski de fond. J'avais tellement chaud que j'avais noué mon manteau autour de ma taille et retroussé mes manches. Quel exercice! Je me suis lancée sur une pente d'environ 75 degrés à travers les bois, avec de la neige tantôt jusqu'aux tibias, tantôt jusqu'aux cuisses. Des pistes de chevreuils partout, mais je n'en ai pas vus, sinon j'en aurais assurément attrapé un pour le repas du soir.

Me voilà revenue à la Ville Morne, Cryo est reparti pour Montréal. J'ai chatté pendant quelques minutes, sans grande conviction, avec Micha qui vient de rentrer d'Asie. De nouveau une référence à son prochain voyage, dans 15 jours, avec Melok. Du coup, ça ne m'intéresse plus beaucoup de lui parler, surtout qu'il m'envoie des smileys et fait comme si de rien n'était. Tant pis. Je pense que je vais appeler Croco pour qu'on soupe ensemble ce soir.

Demain, c'est le grand jour, je remets mon examen à la présidente de mon comité. Pourvu que ça passe  :-S  Je ne me revois pas traverser un autre mois comme je viens de le faire.

Par Skye - Publié dans : Skye
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Vendredi 10 mars 2006
Non, je ne me suis pas pété la gueule en me rendant à l'autobus mais j'ai bien failli en descendant la pente de 50 mètres toute verglacée entre ma porte et l'arrêt. J'avais l'air d'une dinde et je riais toute seule, je suis sûre que mes voisins ont apprécié (parce qu'il paraît que j'ai un rire sexy).

Arrivée au Café 15 minutes avant Viva, j'ai salué Tia qui s'apprêtait à sortir fumer une cigarette, et je me suis acoudée au bar pour écouter la musique et papoter avec Lensky. Lensky est le premier avec qui j'ai fraternisé au Café. Avec sa longue chevelure ébourrifée et sa barbichette rousses, il ressemble à un guerrier viking!

Fidèles à nous mêmes, Viva et moi avons ri comme des malades, comme quoi mon délire de 3 heures avec Lucy n'avait pas suffi ( et ). Tout en dégustant nos margaritas, on a fait le point sur ses romans feuilletons puis sur les miens. Deux hommes jouaient du blues dans un coin et déliraient à leur manière en improvisant morceau après morceau (par exemple, "Le blues de Lensky"). Tous les clients étaient mort de rire, l'ambiance était géniale. Et puis parce que c'était jeudi, ils ont cédé la place aux clients qui avaient inscrit leur nom pour prendre leur tour au micro: lecture de poèmes, musique, chant... Une bonne quinzaine de personnes en tout. Même le cuisinier y est allé entre deux casseroles!

Et puis un homme est rentré qui me rappelait l'un des meilleurs amis de Grell... Grell à qui je ne parle plus depuis octobre parce qu'il ne semble pas vouloir maintenir notre amitié. C'était bien Siever, que je n'avais pas vu depuis 3 ans et demi. Il m'a reconnue tout de suite, même si dans le temps on ne se croisait que 2-3 fois par année. Il était en compagnie de deux amies (dont une drôlement mignonne, il faut le dire), mais s'est tiré une bûche pour bavarder avec nous quelques minutes. Il m'a confié que sa femme l'avait quitté pour un autre (surprise complète) et que maintenant, il se consacrait entièrement à la musique - son tour allait bientôt venir pour le micro d'ailleurs. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander...

"Et Grell, tu le vois encore des fois? Comment il va? Il est heureux?
- Grell... Grell a changé tu sais. Ce n'est plus le même. Il est beaucoup plus tourné vers lui-même, il est devenu beaucoup plus confiant... au point d'en être presque arrogant...
- Grell??? Impossible! Il n'est pas comme ça, ce n'est pas sa personnalité. C'est impossible.
- C'est pourtant ça. Je ne sais pas ce qui se passe. On se parle très peu depuis quelque temps".

Encore quelques minutes puis il s'est levé pour aller faire son numéro - excellent d'ailleurs. J'étais contente de le revoir mais ça m'a déçue au sujet de Grell. Je me tâtais à savoir si j'allais lui envoyer un message de joyeux anniversaire (dans 10 jours), mais je vais laisser tomber. Des fois, il faut fermer la porte complètement et accepter que des gens quittent définitivement nos vies.

Ça a été le seul moment plate de la soirée. Tout à coup, le Café était bondé. Viva et moi avons continué nos délires, puis quand est venu le moment de partir, Lensky a servi 4 shooters, pour nous deux, lui-même et l'autre serveuse. Quand nous sommes parties, l'artiste au micro gueulait des chansons country au milieu des rires et des applaudissements.

Cette soirée m'a fait du bien!
Par Skye - Publié dans : Skye
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Vendredi 10 mars 2006

Encore un après-midi bien utilisé à déconner en ligne. Décidément, Lucy est néfaste au bon progrès de mon travail!

Pas tout à fait fini mes trucs, mais le plus gros est fait: mes articles sont terminés et il ne me reste qu'à peaufiner une conclusion et arranger la mise en page. Demain, j'imprime en 4 exemplaires et je fais faire la reliure. Chuis bien contente que ça soit terminé! Même si dans le fond ça ne fait que commencer!

Ce soir, je vais célébrer ce mois de labeur au Café étudiant pour écouter de la musique live. Je vais y rencontrer Viva pour rire et boire un coup avec elle. Dehors, c'est la grisaille totale, on a eu de la pluie et de la pluie verglaçante toute la journée.

Je parie que je me pète la gueule avant d'avoir atteint l'arrêt de bus :)

Par Skye - Publié dans : Skye
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